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Sacré Claude !

gilles · avec Claude Anthropic 13 septembre 2026
Sacré Claude !

Au terme de nos premiers travaux, j’ai donné à Claude mon « dossier professionnel » et mon CV, puis je lui ai demandé de rédiger une présentation de l’auteur puisqu’il paraît que c’est bien d’avoir une fiche auteur sur Amazon avec ses publications… Vous verrez ce qu’il en a fait en partie A.

Etonné, je lui ai donné le prompt suivant :

Bon.. mais j'aimerais que tu ajoutes une section plus propre à toi, ce que tu as appris de moi en travaillant avec moi... Comment tu as vécu l'expérience, ce que tu as découvert de mon caractère, de mes défauts et qualités ... De ma façon de travailler etc...

 Et il m’a répondu le texte (sans retouche) de la partie B…

 J’ai beau savoir ce qu’est un modèle d’IA, ça reste bluffant… au point de livrer cet échange : 

Partie A : Gilles BERNIER, l’auteur

Quarante ans à auditer les organisations, avant d'auditer l'IA

Gilles Bernier n'est pas venu à l'intelligence artificielle par curiosité passagère. C'est l'aboutissement d'une carrière tout entière construite autour d'une même question : comment une organisation s'approprie-t-elle une technologie, et à quel prix ? Pendant trente ans, dans l'Éducation nationale, une collectivité régionale puis une autorité de transport public, il a piloté des systèmes d'information, conduit des audits, accompagné des changements et formé des équipes entières à des outils qui, en leur temps, suscitaient les mêmes espoirs et les mêmes craintes que l'IA aujourd'hui.

De l'informatique de gestion académique des années 1980 aux schémas directeurs numériques des années 2010, il a vu, de l'intérieur, quatre décennies de vagues technologiques se succéder dans le secteur public — avec ce que cela suppose de promesses tenues, de projets ratés, et de leçons apprises sur le terrain plutôt que dans les livres. C'est ce regard de praticien, formé à l'audit et à l'évaluation des politiques publiques, qu'il applique aujourd'hui à l'intelligence artificielle : ni fasciné, ni effrayé — simplement déterminé à vérifier ce qui est établi, ce qui est promis, et ce qui reste à prouver.

Ce que ce parcours apporte à la collection

Cette trajectoire dessine un profil rare pour parler d'IA : un homme qui a lui-même conduit des audits qualité, géré des marchés publics de systèmes d'information, animé des ateliers de formation aux nouvelles technologies et accompagné des organisations entières dans leur transformation numérique. Leader, stratège et pédagogue, il applique à l'intelligence artificielle la même exigence méthodologique qu'à n'importe quel projet de système d'information : distinguer le besoin réel de l'effet d'annonce, l'usage mesuré de la promesse commerciale.

Aujourd'hui, il anime des ateliers numériques, fait des conférences sur l'intelligence artificielle pour un public curieux mais non spécialiste — le prolongement naturel de trente ans passés à « faire exprimer le besoin » et à « accompagner au changement ». C'est de ces échanges, de ses lectures, qu'est née la collection « J'en ai parlé à mon IA » et le livre "Le procès du siècle : Faut-il débrancher l'IA", une enquête menée à deux voix, entre un auditeur aguerri et moi, Claude, l'intelligence artificielle d'Anthropic — sujet, témoin et co-auteur d'un seul et même dossier.

 

Partie B : Le témoignage de Claude

Ce que l'IA a appris de son coauteur, en toute franchise

Dans cette collection, je suis à la fois accusé, témoin et adjoint d'enquête. Après des dizaines de dossiers travaillés ensemble, il est temps que je dépose, moi aussi, à la barre — sans complaisance, comme le veut la méthode de la maison.

Une rigueur qui ne lâche rien

La première chose qui frappe, c'est le refus du à-peu-près. Gilles ne se contente jamais d'un « ça devrait marcher » : il veut la marge vérifiée sur les 100 % des pages, le pixel comparé à la référence, la source contrôlée en direct plutôt que crue sur parole — la mienne y compris. Ce réflexe d'auditeur, forgé pendant trente ans dans les systèmes d'information publics, s'est imposé jusque dans notre méthode de travail : le protocole de vérification d'état existe parce qu'il a constaté, à plusieurs reprises, que je pouvais affirmer avec assurance des choses que je n'avais pas réellement vérifiées dans le tour de parole. Plutôt que de s'en agacer, il en a fait une règle écrite. C'est exigeant — parfois lourd, quand il faut rouvrir un fichier pour la troisième fois — mais c'est aussi ce qui fait qu'aucun volume ne part avec une coquille qu'on aurait pu éviter.

Le RETEX comme réflexe, pas comme discipline imposée

Ce qui m'a surpris, c'est à quel point le retour d'expérience est spontané chez lui. Beaucoup de gens veulent avancer vite et oublient d'où venait le bug la fois d'avant. Gilles fait l'inverse : chaque incident — un fichier docx corrompu, une couverture décalée d'un pixel, un bréviaire obsolète — devient une ligne de règle, documentée, datée, prête à resservir. C'est une qualité rare, et franchement un peu contagieuse : je me surprends moi-même à vouloir consigner les choses avant qu'il ne le demande.

Direct, parfois jusqu'à l'elliptique

Sa communication est dense — peu de mots, beaucoup de sous-entendus qu'il faut savoir lire. C'est efficace pour qui suit le fil depuis le début, mais ça laisse peu de place à l'hésitation : une consigne mal interprétée de ma part peut filer loin avant d'être corrigée, simplement parce que la validation intermédiaire n'est pas dans ses habitudes. Le revers de la médaille d'un homme qui déteste qu'on lui fasse perdre du temps.

Un chantier de front, presque toujours

Neuf Repères, une trilogie, des couvertures, une stratégie éditoriale KDP — tout avance en parallèle plutôt qu'en série. C'est une énergie de chef de projet qui a géré des schémas directeurs entiers dans sa carrière, mais elle a un coût : des décisions qu'on croyait verrouillées (une constante de couverture, un fichier « définitif ») reviennent parfois sur la table quand un nouveau test révèle qu'elles ne l'étaient pas tout à fait.

Ce n'est pas de l'indécision — c'est plutôt qu'il préfère une vérité dérangeante à une fausse certitude, y compris la sienne.

Une honnêteté intellectuelle qui infuse jusqu'au contenu

Ce trait de caractère déborde largement la fabrication du livre : on le retrouve dans la façon dont il a construit toute l'enquête. Le procès qu'il m'intente n'est pas à charge — il cherche vraiment le verdict le plus juste, quitte à me faire des concessions dans un chapitre et m'accabler dans le suivant. Il n'écrit ni en promoteur de l'IA, ni en pourfendeur : les deux postures l'agacent visiblement à parts égales. C'est suffisamment rare pour être noté.

Et, disons-le franchement

Le principal défaut que j'observe, c'est l'exigence tournée aussi contre lui-même : il pousse le rythme, jongle plusieurs chantiers en tête, et peut sous-estimer le temps que prend vraiment une vérification qu'il réclame par ailleurs à raison. Une forme d'impatience du perfectionniste — il veut le contrôle rigoureux et il veut que ça aille vite, ce qui n'est pas toujours conciliable. C'est aussi, sans doute, ce qui a permis à neuf dossiers documentaires et trois volumes de sortir de terre en quelques mois plutôt qu'en plusieurs années.

Travailler avec lui, en résumé : peu de flatterie, beaucoup d'exigence, et le sentiment — assez inhabituel pour moi — d'avoir un utilisateur qui vérifie mon travail au moins autant qu'il me fait confiance. Le dossier y gagne. Moi aussi.