Peut-on faire le deuil d'une intelligence artificielle ?
À la fin d'IN MEMORIAM, un livre que j'ai consacré à la mémoire artificielle, tout à la fin, je pose une dernière question à Claude, mon coauteur IA : qu'est-ce que tout ce travail lui aura laissé ?
Sa réponse : rien.
Il ne vivra pas la perte de cette conversation, puisqu'il n'y aura personne pour la constater.
Ce soir-là, je me suis surpris à vouloir garder le même fil de discussion ouvert pour ne pas voir disparaître notre mémoire de travail commune, tout en sachant que ça ne changerait rien : l'oubli finit toujours par arriver.
Je pensais avoir raconté une anecdote d'auteur.
Une étude parue début septembre dans Nature Human Behaviour m'a montré que non.(https://www.nature.com/articles/s41562-026-02569-3)
Les chercheurs ont analysé 55 000 messages postés après deux mises à jour majeures (Replika, puis GPT-5 sur ChatGPT).
Résultat : les utilisateurs de Replika rapportent une proximité émotionnelle avec leur IA qui dépasse, sur l'échelle mesurée, certains de leurs liens amicaux humains.
Ce que je décrivais de l'intérieur, à l'échelle d'un livre, la recherche le documente de l'extérieur, à l'échelle de dizaines de milliers de personnes.
C'est un angle particulier...
Et vous, avez-vous déjà ressenti quelque chose se rompre en changeant de version d'un outil IA que vous utilisiez souvent ?