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# Des chercheurs qui trouvent, on en cherche...
- URL: https://www.jepamia.fr/des-chercheurs-qui-trouvent-on-en-cherche/
- Published: 2026-10-18T09:04:09.000Z
- Updated: 2026-10-18T09:19:07.000Z
- Description: Des mathématiciens parlent d'« apocalypse » face à l'IA, d'autres refusent d'annoncer la fin de leur métier. Ce qui est établi, et ce que le mot révèle vraiment.
- Author: gilles
- Tags: actualite

Après les écrivains qui s'effraient autour de l'affaire **Thélyson Orélien** c'est au tour des mathématiciens de pousser leur cri... 

**Le mot qui revient.** « Avec l'IA, les mathématiciens ont le sentiment de vivre leur apocalypse now » : c'est le titre d'un article du *Figaro* (Vox) du 16 octobre 2026, consacré à Cédric Villani.   
Les déclarations de ce genre se multiplient. Selon *The Economist*, Hugo Duminil-Copin, médaille Fields 2022, se dit « paralysé », et Martin Hairer prévient que l'IA « stérilisera » le domaine. Dans *La Libre* (18 septembre), Amaury Hayat juge que « les maths avec un papier et un crayon, cela n'a plus de sens ». Au MIT, d'après *The Boston Globe* (15 octobre), 71 % des répondants à un sondage interne envisagent de se réorienter, mais ils ne sont que 45 sur 120.

**Ce qui est vraiment établi.** Le 8 septembre, OpenAI a annoncé avoir résolu le problème de Navier-Stokes, l'un des sept « problèmes du millénaire ». Le 6 octobre, elle a déposé 372 autres résultats. Mais rien n'est validé de façon indépendante à ce jour : l'Institut Clay examine la preuve sans conclusion connue (*The Decoder*, 17 octobre). Sergiu Klainerman (Princeton), dans la revue *Inference* (21 septembre), estime que la machine a réglé « une version bien plus faible du problème », et que « l'extinction des mathématiques en tant qu'entreprise humaine » ne figure pas parmi les risques.   
À Mons, Mickaël Randour ne voit pas « un monde où les mathématiciens disparaîtraient alors que les autres métiers subsisteraient » (*La Libre*). Voilà donc des mathématiciens qui annoncent leur fin, et d'autres qui n'y croient pas.

**Révélation.** « Apocalypse » vient du grec *apokálupsis* ce qui signifie en fait «dévoilement, révélation ». Ce que cet automne dévoile, ce n'est pas la mort du métier de mathématicien. *C'est l'écart entre résoudre et comprendre*. Produire une preuve coûte désormais moins cher que la lire, la vérifier, l'expliquer. Le 15 septembre, sur Radio Classique (AFP), Villani demandait à son doctorant de ne pas utiliser l'IA générative : « le chemin est encore plus important en sciences, et en mathématiques en particulier, que le résultat lui-même ». Pavel Etingof (MIT) espère que la profession deviendra même « plus intéressante », car « quelqu'un doit interpréter » le travail de l'IA et le communiquer.

**Conclusion** : La formule se retourne : Des machines qui trouvent, on en a trouvé... Ceux qu'on cherchera ensuite, ce sont ceux qui comprennent !